Chers solvaysiens, chères délicieuses solvaysiennes, cher Ernest,
La presse, comme la femme, est admirable quand elle avance un mensonge, elle ne vous lâche pas qu’elle ne vous ait forcé à y croire, et elle déploie les plus grandes qualités dans cette lutte où le public, aussi bête que le mari, succombe toujours, disait Honoré de Balzac.
J’ai, depuis toujours, connu un faible pour les deux. Les femmes, pour qui, en effet, je subis une faiblesse inébranlable et incommensurable, mais aussi la presse et les écrits d’autre part.
Tel que devant la gent féminine, je suis en admiration totale devant les écrits venant de tous les horizons, devant la force des mots, des phrases et de leur agencement. La presse, elle aussi, l’a bien compris. Souvent considérée comme la seule voie d’accès à l’information, mais trop rarement remise en question, la presse traditionnelle ne connaît pratiquement pas de limites. Les médias sont aujourd’hui actifs dans pratiquement tous les domaines de la connaissance et tendent à détenir un monopole dans le domaine.
Heureusement pour moi, pour vous, et pour l’être humain en général, il existe encore des médias qui tournent les sujets à la dérision, avec peu ou beaucoup d’humour, et des humours parfois fort différents, dépassant souvent le premier degré. C’est ce que j’aimais à penser lorsque j’ouvrais mon Caducée mes premières années à Solvay.
Et c’est ce que je voulais à tout prix que vous autres, nouveaux étudiants, mais aussi les plus anciens, comme moi, puissiez continuer à vous dire en lisant votre Caducée. Qu’à Solvay, le verbe est libre et de tous horizons. Qu’à Solvay le champagne coule à flot, mais que l’humour reste en toutes circonstances la vertu qui nous tient le plus à coeur.
Bien sûr, nous ne pouvons nous retrancher derrière la liberté d’expression pour blesser l’autre au plus profond de lui. Bien sûr aussi la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Mais bien sûr surtout, tant que cette liberté n’est pas outragée, jamais je n’entendrai parler de censure dans le Caducée.
Raison pour laquelle, si tu as la plume facile et les mots volatiles, je serai ravi de t'accueillir dans notre comité (Surtout si tu es blonde à forte poitrine).
Enfin, n'hésite pas à venir me croiser au pH (surtout si tu es blonde à forte poitrine), et réclamer le dernier Caducée si tu ne l'as pas reçu!
En espérant que tu dévoreras les prochains Caducée et attendras impatiemment les suivants,
Cricri
Christophe Castan
Rédacteur en chef du Caducée 2011-2012